Hollande préfère Mitterrand mort !

8 janvier 2012

François Hollande était à Jarnac aujourd’hui. Il commémorait le 16 e anniversaire de la mort de François Mitterrand. Bien sûr, il a dû verser des larmes de crocodile. Il parait qu’il est venu s’inspirer “des forces de l’esprit“.

Pourtant, Hollande préfère Mitterrand mort. Je dirais même mort et enterré.

Je ne suis pas un “mitterrandolâtre”. Je n’aime pas l’ami de Bousquet. Je n’aime pas le ministe du gouvernement qui envoie le contingent en Algérie. Je n’aime pas le négociateur du traité de Maastricht. Mais franchement, voir Hollande rendre hommage à Mitterrand, ça me donnerait presque la nausée. Hollande ne respecte rien, même pas les morts.

Pourquoi ? Je vois au moins deux raisons.

La première, c’est la retraite. Quoi qu’on pense de Mitterrand, c’est lui qui a fait voter la retraite à 60 ans, après des décennies de luttes sociales et politiques pour l’imposer. Aujourd’hui, Hollande ne propose même pas d’y revenir. Il a à peine défendu cette conquête sociale de premier plan pendant la réforme du gouvernement. Et dans son programme, il avalise la quasi-totalité de la réforme : allongement de la durée de cotisation, report de l’âge de départ à taux plein à 67 ans, report de l’âge de départ à 62 ans. Il propose juste de revenir à 60 ans pour “ceux qui auront 41,5 années de cotisation“. C’est-à-dire pour très peu de gens. Il ne propose même pas de revenir à 60 ans pour les personnes ayant eu des métiers pénibles. Il renvoie la question à une “négociation”. Bref, il est contre LA grande conquête sociale de Mitterrand … mais il va sur sa tombe !

La deuxième raison, c’est la stratégie. Mitterrand, sa grande oeuvre, sa grande stratégie pour conquérir le pouvoir, c’est l’Union de la Gauche avec le PCF. C’est sur cette base qu’il créé puis dirige le PS puis rédige le programme commun avec le PCF. Même après la rupture, c’est lui qui prend des ministres communistes dans son gouvernement en 1981.Aujourd’hui Hollande refuse d’aller à la fête de l’Humanité. Il refuse de débattre avec Mélenchon et le Front de Gauche qui le lui propose. Il tend la main à Bayrou comme la SFIO d’avant Mitterrand tendait la main au centre-droit. Il a une stratégie et une volonté d’alliance complètement différentes. Bref, il est pour l’alliance au centre et contre l’Union de la gauche de Mitterrand… mais il va sur sa tombe !

Franchement, Hollande sur la tombe de Mitterrand, c’est l’hôpital qui se fout de la charité. Hollande joue à Boris Vian : “j’irai cracher sur vos tombes“. Le talent en moins.

 

 

Et si on mettait Hollande à la retraite ?

15 décembre 2011

Ca commence à faire beaucoup ! Déjà que le projet du PS et l’accord avec Europe Ecologie étaient biens timides. Mais voila qu’en plus, Hollande les trouve encore trop audacieux. A ce rythme-là, il va finir plus à droite que Bayrou ou Sarkozy.

Désormais les choses sont claires. François Hollande ne rétablira pas la retraite à 60 ans. Il l’avait déjà dit et le PS avec lui. Mais la nouveauté, c’est qu’il ne rétablira même pas la retraite à 60 ans pour ceux qui ont des métiers pénibles ! C’est ce qu’il a dit lundi sur RTL.Voici la transcription du passage de l’interview : “Donc devant vous, et devant les auditeurs, je prends cet engagement : ceux qui ont commencé leur vie professionnelle à 18 ans, qui ont fait 41 années de cotisations, 42 ans pourront partir à 60 ans. Ceux qui n’ont pas leur durée de cotisations, ne le pourront pas.”

C’est un double recul. D’abord parce que Hollande acte de manière plus claire que jamais qu’il ne reviendra pas sur le report de l’âge de départ et qu’il ne donnera pas la possibilité de partir avant, même avec une décote ! Ensuite parce qu’il confirme qu’avec lui, à l’avenir, il faudra 42 ans de cotisations pour avoir droit à la retraite à taux plein. C’est donc pire que la situation actuelle qui prévoit 41,5 années de cotisations. Oui, Hollande propose pire que Fillon et Sarkozy !

Jusqu’à présent, le PS répondait par des pirouettes. Mais maintenant il assume son alignement sur les réformes de la droite. Ainsi, le candidat du PS ne propose pas de départ anticipé pour les travailleurs ayant exercé un métier pénible. Non, pour Hollande, “les métiers pénibles, ça fait partie de la négociation qu’il faudra ouvrir avec les partenaires sociaux“. Donc ce sera peut-être toujours 62 ans. Rappelons que jusqu’à la réforme de l’an dernier, les syndicats et la gauche réclamaient un “droit au départ anticipé avant 60 ans” pour les travailleurs ayant eu un métier pénibles. Mais avec Hollande et le PS, ce sera au mieux un “droit au départ anticipé avant 62 ans” si la “négociation” le décide. Donc ce sera de toute façon pire qu’avant la réforme Fillon-Sarkozy.

Franchement, si c’est pour faire pire que Sarkozy, autant garder Sarkozy et mettre Hollande à la retraite. D’office !

Hollande germanophile !

4 décembre 2011

Germanophobe“. C’est le nouveau mot à la mode. Juppé vendredi et Fillon aujourd’hui l’ont utilisé pour critiquer le PS. Aujourd’hui, Fillon a appelé FRançois Hollande à “trouver la fermeté pour mettre un terme aux dérapages de ses amis” sans quoi il deviendrait “l’otage complaisant d’une dérive stupide aux relents germanophobes“.

Avant même d’aller plus loin, je veux relever cette phrase. Car Fillon est gonflé. C’est son Président de la République qui est allé faire le discours raciste de Dakar. C’est son Président qui a tenu les propos xénophobes contre les Roms à Grenoble l’an dernier. C’est dans son gouvernement qu’a siégé Brice Hortefeux, condamné pour “injure raciale” contre les “Auvergnats”. A l’époque,, Fillon avait réaffirmé son “soutien“, son “amitié“, sa “confiance” là où un républicain aurait demandé la démission immédiate du ministre. Enfin, encore cette semaine, c’est le ministre de l’Intérieur de François Fillon qui a repris tout l’argumentaire du Front National (“il y a trop d’étrangers en France”, “il y a 2,8 millions de chômeurs, donc on n’a pas besoin de main d’oeuvre étrangère” etc.). Donc en terme de critique de la xénophobie, Fillon et l’UMP n’ont pour seule légitimité que celle du criminel qui critique le crime ou en termes fleuris, celle de l’hôpital qui se moque de la charité !

Pour autant, les sorties de Jean-Marie Le Guen comparant Sarkozy à Daladier et celle de Montebourg cette semaine sur Bismarck n’étaient pas très intelligentes. Car qu’on le veuille ou non, elles reviennent à associer Angela Merkel à Hitler ou Bismarck qui ont tous deux attaqué la France. Même si sur le fond, Sarkozy n’a pas tenu plus longtemps face à Merkel que Daladier contre Hitler. Même si sur le fond Merkel et la CDU reprennent bien des traits de l’expansionnisme autoritaro-conservateur de Biscmarck. N’enpêche que ces comparaisons détournent le débat. Car le problème est avant tout la ligne politique de Merkel.

Mais accuser le PS de germanophobie, il fallait oser. Parce que sur le fond, le problème du PS et de Hollande est plutôt d’être aligné depuis la fin des années 1990 sur le parti social-démocrate allemand !

Avez-vous entendu une seule fois le PS français ou François Hollande critiquer les réformes de Gerard Schröder comme la flexibilisation du marché du travail, la baisse des indemnités des chômeurs,  l’obligation faîte aux chômeurs de travailler même pour un salaire d’un euro de l’heure etc. ? Non, jamais. Pourtant Hollande était Premier secrétaire à ce moment là.

Avez-vous entendu une seule fois le PS français ou François Hollande critiquer le choix du SPD de faire une “grande coalition” en 2005 avec Mme Merkel plutôt que de s’allier au parti de gauche Die Linke dirigé par un ancien du SPD ? Non, jamais. Pourtant Hollande était Premier secrétaire à ce moment là.

Avez-vous entendu une seule fois le PS français ou François Hollande s’opposer à la ligne de Gerard Schröder au tournant des années 2000 quand les partis sociaux-démocrates étaient majoritaires en Europe et qu’ils n’ont rien changé à l’UE ? Non, jamais. Pourtant Hollande était Premier secrétaire à ce moment là.

Comme on le voit, le reproche qu’on peut faire à Hollande  n’est surement pas d’être germanophobe. C’est plutôt d’avoir pris comme modèle la ligne droitière du SPD allemand, celle de l’austérité, de la rigueur, de l’alliance avec la droite (ou son faux-nez le centre) contre l’alliance à gauche… On en aura encore une démonstration ce lundi avec sa présence au congrès du SPD à Berlin.


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